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J.L
Join Date: Sep 2006
Location: Paris
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Aucun modèle européen ou autre ne semble répondre aux attentes des Français. Il est impossible d'importer totalement un modèle étranger et la France fière cherche sa voie en ce début de nouvelle ère économique post-industrielle.
La réflexion est difficile, forcément discutable et cet article ne prétend pas répondre à toutes nos exigences. Je ne présente ici que des pistes qui - je pense - doivent servir de cadre au débat. Tout d'abord, le principe d'une France à économie de marché ne doit pas être remis en question. Il n'est pas lieu d'étayer ce premier axiome. La France doit parvenir à recréer un modèle juste et solidaire. Les premières réformes concernent le marché du travail. Nous devons cesser d'offrir deux années sabbatiques à tous ceux qui se font licencier. Il faudrait, selon moi, limiter à 9 mois la durée des allocations. Durant ces 9 mois les allocations doivent représenter près de la totalité du salaire afin qu'elles garantissent un filet de sécurité. Le chômeur doit être dans l'obligation - sous la menace de suspension de ses allocations - d'accepter les emplois qu'on lui propose. Pendant les trois premiers mois il ne peut refuser que deux offres supérieurs ou égales à 80% de son salaire précédent. De trois à 6 mois, 2 offres supérieures ou égales aux deux tiers de son salaire et pendant les trois derniers mois, 2 offres supérieures ou égales à 50% de son salaire. Si les compétences du chômeur ne lui permettent plus de trouver un emploi, il doit avoir accès à des formations, en fonction de son niveau de qualification: on ne peut demander à un ingénieur de devenir ébéniste après 6 mois de chômage ni à un ex-barman de devenir instituteur. Même après les neufs mois cet effort de formation doit être poursuivi, le bâton étant le RMI et la carotte la poursuite des allocations à 50% du salaire d'origine. Au niveau des entreprises maintenant. Le CDD et le CDI doivent être fondus en un contrat unique. L'intérim, le stage et le travail saisonnier doivent être ce pour quoi ils ont été conçus et pas une manière détournée d'employer de la main d'oeuvre bon marché ayant moins de droits. Ce contrat unique offrirait le droit à l'assurance chômage après six mois de travail. La période d'essai de trois mois doit être conservée, une attention particulière étant portée à ce que les employeurs n'en profitent pas pour ainsi remplacer les CDD de trois mois. La prime à l'ancienneté doit être supprimée. Dans une société ou la flexibilité est prônée et l'adaptabilité encouragée il n'y pas de raison que les anciens soient privilégiés. Il faut néanmoins conserver une augmentation de salaire automatique équivalente à l'inflation afin qu'il n'y est pas d'effets pervers dans le sens inverse: les anciens devenant moins chers que les jeunes recrues... Il doit y avoir un droit au licenciement, avec trois mois de préavis, 3 mois de salaire en prime de départ, et la nécessité d'expliquer les raisons du licenciement. Il n'y a pas de raisons qu'un employeur n'ait pas le droit se séparer d'un employé de la même manière qu'un salarié a le droit de démissionner. Les économies réalisées grâce à la réduction de la durée des allocations doivent être utilisées pour stopper l'hémorragie et réduire les charges sur les salaires. Cette dernière disposition devrait permettre d'encourager l'emploi en réduisant le coût de la masse salariale, augmentant les marges et permettant donc à de petites entreprises de croître et d'investir dans l'espoir de profiter de plus grandes marges. Une autre réforme serait de généraliser l'intéressement. Je m'explique, tous les salaires pourraient être recalculés avec une base fixe et un variable. L'avantage est d'assurer une plus grande flexibilité aux entreprises, leur permettant de réduire leurs coûts pendant les temps difficiles sans engager des mesures drastiques de restructuration et de réduction de leurs productions. Pour éviter les abus et améliorer le sort des employés je propose que l'intéressement soit indexé sur les bénéfices de l'entreprise. Le calcul est simple: on réduit de X-pourcents le salaire de base des salariés, puis on calcule le ratio de la quantité d'argent libérée sur les bénéfices de l'entreprise, ce pourcentage définit alors la part des bénéfices qui chaque année devra être redistribuée aux salariés. Dans ce système les risques sont partagés entre l'entrepreneur et les salariés et tous deux sont gagnants quand l'entreprise fait des bénéfices. Tous les 5 ans ce pourcentage pourrait être renégocié entre le patron et les délégations salariales. J'ajouterais que chaque année une certaine proportion du capital de l'entreprise devrait pouvoir être achetée par les employés. Ceci augmenterait la cohésion des entreprises en augmentant l'intérêt des salariés pour le bien être de leur entreprise. Les Français dans le même mouvement placeraient de l'argent ce qui est un pas dans le sens de l'amélioration du système des retraites. Au nom de l'égalité entre tous les citoyens, les régimes spéciaux, les privilèges des fonctionnaires, le mauvais traitement des professions libérales et autres inéquités doivent être supprimés. Enfin, une refondation du syndicalisme doit s'opérer. De nouveaux syndicats, ne datant pas d'avant la seconde guerre mondiale doivent pouvoir voir le jour. Le syndicalisme doit changer d'approche. Le cap de la contestation doit être dépassé pour que les syndicats puissent avoir une place dans le débat national. Ils doivent devenir le lien entre les travailleurs atomisés dans notre ère post-fordiste où les employés ne font pas carrière au sein d'une unique entreprise. Rassemblant l'actionnariat salarié né des réformes décrites plus haut, leur rôle est de créer de nouvelles mutuelles, organiser des séminaires, gérer des fonds pensions. Profitant de la vague de l'activisme des actionnaires, les syndicats peuvent déclencher de profondes mutations d'entreprises. Leur rôle de corps intermédiaire est plus essentiel aujourd'hui qu'hier. Ceux qui aiment parler de Français d'en haut et d'en bas peuvent considérer que les syndicats sont des ponts. Ce texte n'a pour ambition que d'être la base d'une discussion constructive. Toute opposition, rectification, ajout est le bienvenu.
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Les jeunes ne trouvent pas leur place dans le débat national. Leur participation à la vie politique française est bridée. La République des jeunes est le lieu de réflexion et de discussion d'une génération qui croit encore en la Politique. http://blog.ifrance.com/larepubliquedesjeunes http://republiquedesjeunes.conceptforum.net |
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