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Une culture en état de décadence socio-culturelle et d’inertie intellectuelle
Écrit par le docteur Harry-Hans François, Ph.D., ND., Dip-CFC., CNC., LMHC Le 1er avril 2006 « Il est tout-à-fait juste de vénérer les entités positives et thérapeutes de notre culture. Cependant, il est encore plus juste d’abattre toutes les tentacules empoisonnées et les mauvais germes exotiques qui influencent négativement la jeunesse du pays » (Dr. Harry-H). Les festivités carnavalesques viennent juste de prendre fin au pays. Et déjà on se prépare pour la célébration des festivités de Rara. La fin du printemps nous apportera, comme chaque année, les championnats de football d’Europe, d’Afrique, de l’Amérique du Sud, et enfin celui de la Coupe du Monde. Tout de suite après ou même simultanément à cette coupe du monde de football, les fêtes patronales – l’une des coutumes les plus appréciées des gens de la diaspora – seront dans nos murs. La fin de l’automne nous conduira à la fête de la Toussaint et à celle des Morts. Et quelques semaines après, ce sera le tour des festivités de Noël, du Jour de l’An et des Aïeux, et enfin celles des Trois Rois Mages qui nous conduiront à nouveau aux Mardis-Gras. Ainsi, on constate qu’on est toujours en esprit de fête ou de vacances au pays. Alors, on comprend que la détente, si elle incorpore des activités plus ou moins saines au corps ou à l’esprit, joue en retour des rôles majeurs sinon nécessaires à la santé mentale de l’homme en général. En effet, tous ces phénomènes de contact, cités plus haut, nous fournissent une idée de ces activités sociales, mondaines, exotiques ou même privées qui semblent satisfaire les goûts divers, notamment variant d’un groupe à un autre, de cette dite société contemporaine haïtienne. On peut certes arguer qu’il n’existe rien de mauvais dans tout cela car tout être humain inhérite ou porte en soi-même, selon ses goûts et les moyens disponibles en son propre écosystème, ce besoin périodique de se défouler le corps et l’esprit. Et c’est peut-être l’attitude outrancière et même insouciante embrassée à l’endroit du plaisir et de la détente durant ces vingt cinq (25) dernières années au pays qui me préoccupent un peu l’esprit. Par voie de conséquence, les nouvelles manières ou l’effronterie de certains adultes et de certains jeunes non-émancipés encore, adoptées à la recherche de la détente quotidienne, me portent aujourd’hui à plaider en faveur des coutumes haïtiennnes cultivées antérieurement à ma génération, et qui étaient tout de même gardées presque intactes par les jeunes des années 50, 60, 70 et même 80. Ainsi, l’idée d’une certaine décadence socio-culturelle et d’inertie intellectuelle me vient en tête tout de suite après mon analyse des événéments carnavalesques et des Raras (2002, 2003, 2004, 2005), des programmes projetés à la télévision ou à la radio, des tendances sociopolitiques observées durant ces derniers vingt cinq ans, et enfin mon constat des dynamiques de plusieurs autres activités culturelles. Et avant qu’on me juge ou qu’on me colle au cou cette étiquette de conservateur ou de dépaysé, je les endorse pleinement et fièrement, et du même coup je déclare d’une voix vraiment altière : « cette génération d’identité x, y, z ne me donne rien à envier car j’adore avec fierté l’Haïti d’hier, incluant presque toutes les valeurs socioculturelles et familiales qui étaient semées par les générations précédentes ». Ceci dit, on me demande avec raison : de quelles nouvelles tendances parlez-vous, monsieur le docteur ? Et pour répondre à ces deux questions, j’emprunte les mots d’un grand socio-anthropologue américain dont j’oublie même son nom. En essayant d’expliquer le comportement à priori et les raisons cachées derrière les actions présentes d’un individu quelconque, il s’exprima ainsi:«nous sommes présentement ce que nous étions au temps même de notre programmation sociale(we are now what we were when) ». Alors, on comprend que ma remarque intellectuelle se penche sur la disparition graduelle de presque toutes les bonnes coutumes haïtiennes d’antan qui pourtant cèdent la place aux tendances et aux mouvements de la sous-culture américaine observés dans les souterrains ou les ghettos ou les zones délabrées de New-York, Bronx, Détroit, New Jersey, Miami, Watts, Kingston, Californie, Montréal, Toronto etc. On observe dans l’Haïti d’aujourd’hui la pratique outrancière de l’hédonisme et du faire paraître, et ceci dans toutes nos routines quotidiennes, publiques ou privées. Et ironiquement je bâtis cette opinion intellectuelle et tout-à-fait non-émotionnelle à partir de certains phénomènes de contact observés depuis mon retour au pays natal. Il semble que les critères collectifs et les expectatives sociales qui définissaient la famille haïtienne et qui, en même temps, différenciaient le comportement social d’un individu soucieux de son image privée ou publique à celui d’un bâtard ont été éliminés sinon négligés par les différents courtiers culturels ou intellectuels du pays. A présent, tout le monde semble agir à sa propre guise pour pouvoir satisfaire son super ego. En effet, toute une armée de papas, comme on avait l’habitude de les appeler, ne se soucie guère de leurs rôles de père de famille ni de l’image sociale portraiturés par certaines actions louches ou immorales commises au visage même de leurs enfants ou de la société en général. Ces jeunes hommes en question se caricaturent en machomen, gigolos, diasporas, rastafaris, maraudeurs de bureau ou des rues, zenglendos, chimères, macoutes, artistes engagés, racine-guinées, toxicomanes, rats de rue ou d’office et enfin en bureaucrates hédonistes afin de se faire paraître ou de convoiter l’actuelle situation malheureuse du pays. Présentement, on n’a qu’à se caricaturer en dread, tzigane et enfin en cheveux nattés ou entrelaçés pour pouvoir obtenir une voix dans cette culture d’identité x, y, z et même sans frontière. Parfois, ils portent cette étoffe utilisée par les femmes pour se couvrir la tête. Et ces mouchoirs portent l’emblème des autres pays tels que la Jamaïque, le Brésil, les États-Unis d’Amérique. Toute une multitude de jeunes hommes accroche ou porte régulièrement une ou deux boucles à l’oreilles et se coiffe les cheveux comme les femmes; juste pour se dénaturer un peu ou pour donner de la couleur à leur vie. « Nous sommes à la recherche d"une identité quelconque car il ne vaut rien d"être haïtien présentement», disent –ils. Hélas ! On ne reconnait plus ni les hommes ni les femmes au pays car ils se comportent ou se dressent en unisexe. Entre-temps, un grand nombre de leurs actions semble contribuer foncièrement au phénomène de la misère en multipliant des enfants innocents à gauche, à droite ou au milieu pendant qu’ils ne peuvent même pas les nourrir ni les supporter émotionnellement et socialement. Leur sentiment d’insouciance et de rébellion les pousse jusqu’à s’engager dans le business de la prostitution du corps et de l’esprit ou aux crimes les plus sales pour pouvoir s’infiltrer ou participer aux nouvelles aventures charnelles et épicuriennes du temps. Ils ne se soucient guère puisqu’ils se voient comme des flotteurs. Et en plus de tout cela, il n’existe plus au pays un ensemble de critères sociaux valides ou sérieux à suivre. Tout le monde, paraît-il, est abandonné, enfoui ou même empêtré dans sa propre pensée. Ceci dit et observé, nos jeunes femmes contemporaines me paraissent tout-à-fait être très réceptives à ce style de vie dévergondée ou sans frontière puisqu’elles se disent qu’elles n’ont pas beaucoup à perdre. Les associations ou les relations idylliques se font sans complexe et sans discrimination. Ainsi, l’idée d’avoir du caractère ou du prestige, construit sur des étiquettes et des expectatives sociales solides souvemment dictées par les aînés, n’existe plus au pays. « Présentement, tout le monde vit dans l’insouciance, l’image du bluff et du mensonge au pays, et pourquoi pas nous autres », m’a déclaré un groupe de jeunes filles au moment où je participais à une soirée dansante qui était animée par l’orchestre Tropicana d’Haïti. Ce qui me prouve une fois de plus que les principes ou les critères de base observés antérieurement au pays sont donc ajourd’hui caduques. Nos jeunes mamans, contrairement aux femmes des générations précédentes, semblent ne pas appréhender leurs rôles d’ambassadrice et d’éducatrice à l’égard de leurs enfants ou de la société. Ainsi, la copulation se fait sans gênes, goût, scrupules et surtout sans discrimination pendant que les germes de la pauvreté et des maladies vénériennes(MST) continuent à être semés au pays. Il faut aussi appréhender qu’il existe aujourd’hui une carence de parents en Haïti. Ainsi, on comprend que cette situation a été procréée par le phénomène de l’émigration massive vers l’étranger et aussi par les sentiments d’exotisme qui maintenant occupent l’esprit de cette génération contemporaine. En effet, les parents qui se trouvent actuellement à l’étranger ne sont pas présents pour pouvoir instiller chez les jeunes, soit par des modèles de comportement ou par d’autres méthodes didactiques, ces valeurs intrinsèques qui, en retour, instillent les sentiments d’amour-propre et de respect à l’égard de la personne des autres et aussi envers la société. Une culture en état de décadence socioculturelle ou d’inertie intellectuelle s’explique par les styles de vie, les tendances dérisoires ou l’attitude insouciante embrassés et portraiturés par les différents secteurs de la société; tous les âges compris. Ainsi, on appréhende que l’évolution fait partie des dynamiques nécessiteuses à la survie de toute société. Toutefois, on doit comprendre que ce sont les tournures ou les nouvelles modes de variations adoptées, d’ailleurs tous importées, par cette société contemporaine qui me mystifient un peu. En effet, tout ce qui me paraissait hier innocent, naturel ou purement haïtien me paraît aujourd’hui explicitement exotique, insultant, incivil, grossier et aussi insouciant. Mon opinion amère sur la culture actuelle se forme principalement sur l’attitude passive ou négligée tenue à l’égard de l’éducation socio-familiale par les soit-disants courtiers intellectuels, qui au contraire devraient se tenir debout contre la marche continue vers cette décadence apparente -- en effet, un vrai état d’inertie intellectuelle caractérisé tout bonnement par le silence de ces courtiers. Et on doit en même temps comprendre que cette attitude chimérique et insouciante, observée aujourd’hui au pays, est le résultat de tant d‘années de négligence culturelle, d’abus et même de chantage politique pratiqués, peut-être inconsciemment, par nos courtiers de tous genres. Une culture progresssiste, contrairement à une culture en état de décadence socio-culturelle ou d’inertie intellectuelle, évalue périodiquement ses tendances psychosociales – locales ou importées – en vue d’ajuster ou même répondre à des nouvelles normes dictées par les cultures étrangères, si jugées valides ou civiles. Ceci dit et observé, les leaders culturels et intellectuels, plus particulièrement les experts en éducation, art et en sciences sociales, travaillent constamment et surtout en équipe avec les autres branches concernées sur l’idée de créer ou d’implanter des programmes socio-éducatifs de valeur étique, morale, allégorique visant à inspirer la jeunesse ou même à contrecarrer les mauvaises tendances qui surfacent constamment. En observant le carnaval, les festivités de rara et les concours télévisés au pays, je vois l’absence démesurée des messages allégoriques dans ces expositions culturelles et dans nos épisodes cinématographiques. On semble surtout confondre la chorégraphie avec les mouvements burlesques ou roublards d’une toupie ou d’une couleuvre. A l’écran et durant nos concours d’art, on s’amuse aujourd’hui à placer l’indécence ou le tournoiement des reins au même piédestal que la chorégraphie noire américaine ou africaine. En effet, rien pour pouvoir m’impressioner ni me convaincre que l’art haïtien a évolué durant les vingt cinq dernières années d’histoire. Une culture en état de décadence socio-culturelle s’amuse à profaner ses lieux historiques ou aussi ceux jugés sacrés dans presque toutes les grandes cultures du monde. C’est ainsi qu’on observe la profanation des lieux historiques(nos vieux forts et autres) que nos vieux ancêtres nous ont laissé comme héritage. L’endroit de la mort de Dessalines, dans la zone de Pont Rouge, est donc transformé en des petites zones chaudes ou d’enfer. En effet, tous ces quartiers portent maintenant le nom des zones délabrées et guerrières de Yougoslavie, des ghettos de Pologne, Boston et de New York en échange du nom de nos vrais héros. Il faut s’abriter de loin pourqu’on puisse observer objectivement et avec répugnance les dynamiques quotidiennes qui se passent à l’intérieur des cimetières de Port-au-Prince, St-Marc et des autres grandes villes du pays. La culture de l’alcool, la prostitution ou celle des autres échanges louches et illicites s’effectuent à l’intérieur de nos cimetières sous les yeux de la police et de l’observateur ordinaire sans pour autant offenser personne. Certains animaux, comme les cabrits et les cochons, les utilisent chaque jour comme étant leur propre wc et leur salle à manger. Quant à celui de Carrefour et de Port-au-Prince, on peut voir les châteaux de poubelle vous attendent toujours pour vous saluer; et ceci à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. C’est donc en gros, et à mon avis, la consternation pure et simple des actes de profanation à l’égard de ces lieux historiques ou sacrés de la culture haïtienne. Ironiquement, nos courtiers intellectuels gardent le silence sur cette situation. On ne peut pas parler d’une décadence socio-culturelle au pays et ne pas en même temps mentionner la nouvelle attitude adoptée envers la consommation de la drogue et de l’acool. Ainsi, la consommation de ces dits produits se font au grand jour, à n’importe quel milieu social et surtout en présence ou au visage des jeunes mineurs. Présentement, on ne fait pas de distinction d’âge pour la vente et la consommation des boissons alcoolisées au pays. L’association ou la relation sociale entre mineurs et adultes, surtout sexuelle ou idyllique, n’est pas pourtant régléee ni censurée par les barons intellectuels et juridiques. En réalité, les cas de détournement ou d’exploitation sexuelle de mineurs (statuory rape) se sont devenues des normes culturelles embrassées par presque tout les secteurs de la société haïtienne contemporaine. Somme toute, une telle loi, si elle existe dans les annales juridiques du pays, n’est pas aujourd’hui mise en application. En effet, les night clubs, plages ou autres lieux de plaisir réservés aux adultes reçoivent toutes sortes de mineurs et distribuent de l’acool à n’importe qui, et ceci sans discrimination d’âge. Il me semble que tout est arrangé afin de promouvoir la destruction lente de l’actuelle jeunesse et des futurs talents du pays. Et les Barcelos dominicains ou les whiskeys américains trouvent enfin leur place dans cette course vers la destruction et vers cette décadence socioculturelle au pays. Ainsi, toute victoire du Brésil, de l’Argentine ou d’une équipe italienne se transforme à une manifestation canarvalesque où l’acool et les autres drogues illicites deviennent l’épithète ou le stimulus pour toutes sortes d’actions. Tout sentiment de mécontentement ou de joie est exprimé à travers le mardi-gras et aussi à travers des manifestations de destruction de propriétés publiques ou privées ou de vie humaine. On doit enfin noter qu’en Haïti la recherche du plaisir prime foncièrement sur la recherche du travail. C’est peut-être cet aspect de notre culture qui nous inspire à ne pas prendre au sérieux tout ce qui a attrait au progrès collectif. Ironiquement, cette attitude outrancière cultivée vers le plaisir et la luxure engendre toute une série de vices ou de mauvaises tendances chez une grande partie de la population, incluant la paresse, l’envie, l’hédonisme et surtout la maraude. En conclusion, je dis assez à ce climat de destruction et de dénaturation qui existe au pays. On doit aujourd’hui appréhender que le sens actuel attribué à la vie au pays, cette perception mentale foncièrement bâtie sur la recherche du plaisir, de la convoitise des biens d’autrui et enfin de ceux de l’état, me semble être tou-à-fait démesurée et m’incite du même coup à arguer en faveur de l’existence d’une décadence socioculturelle en Haïti. J’ajoute que cette attitude défiante et insouciante observée présentement chez une grande partie de l’intelligentsia haïtienne me fournisse l’opportunité de plaidoyer en faveur d’un actuel état d’inertie intellectuelle au pays. Mon pays natal semble battre presque tous les records du monde associés à la malfaisance et à la négligence du patrimoine culturel; considérant sa superficie par rapport aux autres endroits négligés de la terre. |
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an undistinguished road !
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Haïti est resté l'un des pays les plus pauvres du monde et une partie importante de sa population survit dans des conditions très précaires. Le pays atteint un chômage officiel de 60 % et un produit intérieur brut par habitant de 469 $ US par année, une espérance de vie de moins de 50 ans pour les hommes et de 54 ans pour les femmes. D'après l'indice de développement humain des Nations unies, Haïti se classe 150e sur les 173 pays recensés. On estime que le nombre d'habitants pourrait atteindre les 20 millions en 2019. Or, 20 millions de personnes dans un état de misère inacceptable, aux portes des Amériques, c'est une bombe à retardement qu'il faudrait désamorcer tout de suite.
Je me demande quelle est la valeur de ce post "Une culture en état de décadence socio-culturelle et d’inertie intellectuelle", quand on regarde Haiti elle-même ? L' anarchie y est totale, la "police" est assurée par l' ONU et des milices privées. On peut déplorer la perte de la culture haitienne, mais pas dans ces conditions... Je pense que la culture, comme le divertissement, n' est possible que si l' Etat est capable de protéger sa population... |
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| urgent traduction en anglais merci!!! | lu6g | Aide à la Traduction (French) | 6 | 03-07-2006 06:49 PM |
| traduction en français. | feux | Ajutor la traduceri (Romanian) | 4 | 10-24-2005 08:44 PM |
| SVP Une version à correction (suite) | Katerin | Aide à la Traduction (French) | 10 | 04-29-2005 09:15 AM |
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