Non, non, non et non, Sarkozy n'est pas fasciste. Et ce même si ce qu'il dit et fait est hautement criticable (
cf. effectivement son dernier "dérapage" en date sous couvert d'anti langue de bois ). Il met en avant la police parce qu'il est ministre de l'Intérieur et que c'est un bon moyen pour lui d'être
présent dans les médias, mais il ne glorifie pas la force et ne fait preuve d'aucun idéal guerrier. Il fascine et séduit beaucoup de gens, mais il n'existe aucun culte rendu à sa personnalité et il n'est en aucun cas considéré comme un "Chef" ou un "Guide génial". Il est en faveur d'une politique sécuritaire à tous crins, mais il n'essaie nullement de contrôler chaque instant de la vie des citoyens français, ce qui est le propre d'un régime et d'une idéologie totalitaires. Je n'aime pas cet homme, je le trouve redoutable, je m'en méfie et je suis résolument opposée à ses méthodes, ses idées et ses actions, mais non, non, non et non, il n'est pas fasciste.
Il ne s'agit pas de "pinailler", mais d'être crédible. Là, tu pars dans tous les sens et tu perds de l'énergie en t'agitant à tords et à travers.
Et puisqu'on en est au "pinaillage", deux rappels historiques qui évitent de faire des contre-sens hâtifs :
- la constitution d'une réserve citoyenne est une tradition qui date des premiers temps de la Révolution et de la République. Ces gens s'appelaient les "gardes républicains" et ont perduré au moins jusqu'en 1871 ( ce sont eux qui se sont fait massacrer dans Paris pendant la Semaine Sanglante ).
- l'expression d' "homme nouveau" n'a ici rien à voir avec l'idéologie fasciste. C'est une référence à la notion latine d' "homo novus" : elle désignait un homme qui était le premier de sa famille à faire de la politique et à accéder à un mandat ( à Rome, on appelait ça le "cursus honorum", la "carrière des honneurs" ). Cicéron, par exemple, était un "homo novus". Rien à voir, donc, avec l'avènement d'un homme nouveau tels que le concevaient les régimes fascistes ; il suffisait de lire le texte et d'essayer de comprendre ce qui était impliqué pour faire la différence, même sans avoir de notion d'histoire ancienne.