Ok, je vais essayer d’être concis. La clé pour comprendre l’endettement de notre pays comme beaucoup d’autres et la crise profonde de l’économie au niveau mondial, se situe dans la transformation d’une société productive à une société dite « post-industrielle » que l’on a connu depuis le début des années 70. Au niveau économique, ce changement s’est produit d’abord à travers la mise à mort du système économique de Bretton-Woods par l’administration Nixon en 1971-1972, c’est à dire par le découplement du dollar et de l’or, ainsi que l’introduction des taux de change flottants entre les monnaies. Ce que ça veut dire c’est que l’on est sorti d’une économie productive et relativement anti-spéculative, à une autre replaçant la finance et le gain à court terme au centre. Pour faire court, il suffit de réfléchir aux conséquences d’une société qui affiche 70% de son PIB dans les services. Comment assure-t-on notre existence physique si on ne crée plus la richesse physique nécessaire ? Ici se profile le principe de l’effondrement physique de l’économie. La vision à court terme des investisseurs financiers, l’impératif du 15% aux actionnaires, et l’abandon par les gouvernements de leur pouvoir d’émettre du crédit productif, a empêché de plus en plus le développement de l’industrie et de l’infrastructure. Tel la Nouvelle-Orléans, sujette à un ouragan violent, mais dont les conséquences inimaginables auraient dû être évitées si l’investissement dans l’infrastructure à long terme avait existé ces trente dernières années ; les pays développés comme la France s’expose de plus en plus à ce genre de désastre par les politiques d’austérité financière imposé par les institutions financières que nous avons nous-même mis en place. Ceci est une forme de dette physique fondamentale, car il va falloir être capable d’engager un effort considérable si nous voulons générer les conditions physiques de l’avenir des générations jeunes et à naître sur la planète.
Quant à la dette financière, elle est principalement due à une mauvaise politique fiscale étranglant les moyennes industries et les emplois les plus productifs, tout en épargnant les plus riches, et une profonde incompétence des gouvernements à générer une croissance de l’économie réelle, ce qui nécessite je pense un système protectionniste éclairé(attention, je n’ai pas dit isolationniste), c’est à dire une intervention de l’Etat concernant les grandes orientations du pays à long terme, reprenant nécessairement le contrôle sur des outils économiques de base comme les taux de change, et surtout la capacité de battre monnaie. Le chômage ainsi créé est un poids monumental sur le budget de l’Etat, principal raison de l’explosion de ses dépenses.
Je reprends ici en grande partie l’analyse d’un homme politique dont les idées et les conceptions m’intéressent beaucoup, Jacques Cheminade. Un article portant sur cette question se trouve sur son site à l’adresse
http://www.solidariteetprogres.org/s...d_article=1928
Je ne sais pas s’il y a une limite de taille pour chaque réponse, mais ce ne serait plus une discussion si je m’étendais plus.
Alors Discutons-en !