Al Foster – un des plus célèbres batteurs du monde, pendant 13 ans collaborateur de Miles Davis, jouera une série de concert en Pologne au mois d’octobre.
Al Foster – un des plus célèbres batteurs en Pologne !
Al Foster est
présent sur les plateaux de jazz depuis plus de 40 ans.
On le connaît bien par son travail avec Miles Davis, mais la liste de ses partenaires est très longue et comprend beaucoup de noms les plus importants du jazz contemporain, parmi eux les géants comme : Sonny Rollins, Tyner, Hancock, Henderson, Gordon, Silver, Flanagan,
Donald Byrd, Petrucciani.
Une page web spéciale, consacrée à Al Foster –
www.Foster.concerts.pl
Al Foster est né en 1944 à Richmond. Dans son enfance il était fasciné par la musique de son père – contrebassiste de jazz, mais c’est Sonny Rollins qui était son premier maître. Il a grandi à New York et il joue de la batterie depuis l’âge de 10 ans. A 16 ans il travaille avec Hugh Maksela. Après il joue avec Ted Curson et Illinos Jaquet. Vers la moitié des années 60, il avait collaboré avec Lou Donaldson et Blue Mitchell, avec lequel il avait enregistré son premier disque. Il jouait dans les formations des plus grandes personnalités du jazz: Tyner, Silver, Gordon, Hubbard, Joe Henderson, Liebman, Metheny, Haden, Getz, McRae. 13 ans de travail commun avec une de plus grande figure dans l’histoire du jazz – Miles Davis. Vu trois fois à la Hall des Congrès pendant Jazz Jamboree : 1. 1980 avec le quintet de Sonny Rollins, 2. trois ans plus tard avec le groupe de Miles Davis, 3. avec le trio de Joe Henderson. C’est un artiste de la plus haute étagère du jazz mondial.
Dans son livre autobiographique « Moi, Miles », Miles Davis a raconté de cette manière son retour à la musique après quelques sombres années de dépendance à la drogue : « Quand j’ai décidé de revenir et jouer la musique de nouveau, je n’avais plus de groupe. Mais j’avais Al Foster sur la batterie au début. Al Foster était la personne la plus proche de moi. Il était vraiment spirituel, et agréable à vivre. C’est justement Al qui m'a fait rester en contact avec la scène pendant toutes ces années, quand j’en étais à l’écart. En ce temps-là, je lui ai parlé presque chaque jour. Tout le temps j’avais confiance en lui. » En 1972, Miles l’avait entendu à New York dans le club « The Celler » et l’avait engagé immédiatement. La période de leur collaboration a été cruciale pour Foster. Il faisait partie de la formation de Devis en deux temps : dans les années 1972-75, en enregistrant entre autres « On The Corner (1972), « Get Up With It » (1974), « Panagaea » (1975) et « Agharta » (1975) et puis dans les années 1980-85 en enregistrant les disques suivants : « The Man With The Horn » (1980), « We Want Miles » (1982), « Star People » et « Decoy » (1983), « You Are Under Arrest » (1985), « Amandla » ( édité en 1989).
Une critique du concert :
« Qui est Al Foster ? On pourrait écrire longtemps, mais on ne réussirait pas à énumérer la liste complète de tous les musiciens avec lesquels il a joué: Miles Davis (Foster a joué avec lui 13 ans), Chick Corea, Branford Marsalis, John Scofield, Gil Evans, Sting, John McLaughlin, John Henderson, Ron Carter, McCoy Tyner, Ray Brown, Sonny Rollins , Michael Brecker, Michel Petrucciani, Herbie Hancock, Dexter Gordon, stanley Clark – c’est seulement le début. Foster a invité aussi de jeunes musiciens, remarqués cependant par la presse spécialisée de jazz : Eli Degibri (il jouait Herbie Hancock et Dave Holland) au saxophone, Aaron Goldberg (du groupe de Joshua Redman) au claviers, Doug Weiss - contrebasse. Ce n’est pas la deuxième ligue des musiciens de NY, ce sont des jeunes, mais déjà parfaits instrumentalistes et leur maître – Al Foster, comme toujours derrière un choix d’instruments, sobre mais efficace. »
« Sur une vague des nouvelles apportées par la presse
prédisant une mort imminente du jazz, dans le Jazzclub Hipnoza à Katowice, Al Foster Quartet a joué dans une salle pleine à craquer. Les new-yorkais ont
présenté la variante la plus classique du mainstream moderne, en l’interprétant d’une manière tout à fait naturelle et – comme il se doit pour les Américains – libre. Après ce concert, la grande majorité des auditeurs a pu constaté que le jazz était vivant et allait très bien. Le Quartet a joué en deux sets musicaux partagés par une pause de quelques minutes. Le premier set était calme et un peu modéré tout en étant très swingué. Comme si le groupe se
préparait et se familiarisait avec le public. Les musiciens regardaient avec curiosité les réactions des spectateurs, réjouis par leur intérêt. Dès le début on voyait que le leader jouait sans contrainte même si les autres musiciens semblaient comme « en retrait », intimidés peut-être par le nombre important d’auditeurs. Au final, Foster a fait valoir ses capacités de virtuose - il a chauffé une atmosphère déjà étouffante avec un long solo de batterie. Dans la deuxième partie du concert, il faisait chaud dès le début. Et il ne s’agissait pas ici du dynamisme de la musique, mais de son style direct et intensif. Les musiciens sont sortis sur l'estrade et ont commencé à émettre les sons selon une convention qu’à partir de maintenant ils allaient concentrer notre attention seulement sur l’essence de leur musique donc sur le swing compris dans un style contemporain. Al Foster a disposé chaque partie instrumentale, pour introduire l’auditeur au centre de l’action musicale comme s’il voulait nous vendre une partie de son énergie et de sa façon de ressentir le jazz. Consciemment a il augmenté le tempo des compositions
présentées, en terminant presque toutes par un impressionnant solo. La technique seule de Foster fuie les simples définitions de style. D’un côté c’est un classique, d’un autre c’est un shaman d’une sonorité jazz et rock qui sait parfaitement quand aller à fond pour tenir le public en haleine à chaque seconde du concert. Un instant plus tard, il nous laissait souffler comme s’il se refroidissait par un jeu fantastique de ses balais ou par une belle ballade.
Une fois de plus, j’ai vu que l’abus (dans le jazz polonais) de la loquacité dans la technique instrumentale et dans la fluidité d’articulation amène la perte de l’ingéniosité d’improvisation et donc la perte de l’attention du public. A quoi bon jouer certains passages harmonieusement, s’ils reviennent dans chaque composition à la même manière du tic-tac swingué comme si l’instrumentaliste voulait sans cesse prouver sa maîtrise parfaite de la chose. Le jazz consiste à construire un lien particulier avec l’auditeur, c’est cela qui nourri cette musique depuis longtemps, rendant de l’énergie pure.
Comment attirer l’attention du public à l’époque où tout est déjà parfait et la technique instrumentale des artistes de scène devient une exigence de base ? Je ne sais pas, peut-être est ce la civilisation issue du perpétuel combat pour la vie dans le capitalisme libre et libéral américain, qui souffle de telles idées. Ou bien la coexistence multiculturelle qu’impose New York, oblige ce genre de jeu très sincère et personnel. Mais je sais une chose : que la coquetterie bon marché et le pathos nuisent gravement à la santé du jazz. Contrairement à la musique rock et pop, où justement ces éléments-là
prédominent. On voit apparaître à l’horizon des tentatives de renversement de cet ordre esthétique établi et de cette formule exploitée à fond, cependant les musiciens du rock manquent de courage et souvent de savoir-faire. Il est difficile d’écrire beaucoup sur un bon concert de jazz. On pourrait sûrement ajouter encore quelques mots pour dire que le public a chanté le thème de Miles Davis : « Jean-Pierre » ou que le Quartet a fait deux bis. Mais le jazz s’écoute surtout. Donc je te conseille, Cher Lecteur, de mettre un disque avec Al Foster ou Miles Davis, John Coltrane, Cannonball Adderley, Yusef Lateef ou une continuation contemporaine, du courant principal. Moi, je sais depuis longtemps qu’il ne s'agit pas de la mort du jazz. La musique d’improvisation appartient aux élus. Et je ne parle pas ici d’une élite musicale imaginaire — mais de la différence de ressentir, d’approcher le quotidien, d’un certain style de vie. Jazz nous montre la beauté dans la différence et dans la tolérance.
Le thème : « Autum Leaves » de Mercer a été joué lors d’un un bis. A la fin d’un air tracé longtemps par Eli Degibri, son saxophone a émis un râle, comme pour nous rappeler que New York souffre encore de cette plaie douloureuse et ouverte après les événements de septembre l’année dernière, et qui s’exprime dans la langue des notes. »