Quote:
|
Ah oui oui bien sûr , c'est comme les femmes qui se font violer, c'est évidemment de leur faute et non de celle du violeur... Naturellement, elle n'avait qu'à pas sortir!
|
Absolument pas, encore une fois j'insiste sur le fait que contrairement au mot, l'action relève bien de la morale.
Quote:
|
La liberté d'expression n'a jamais été le fait de pouvoir exprimer tout ce que l'on souhaite, mais de pouvoir exprimer un avis opposé au plus largement répandu ou à celui annoncé par les autorités, dans la limite de ce qui est tolérable.
|
Une fois de plus, vous envisagez une liberté "dans certaines limites", ce qui pour moi est un contresens.
Quote:
|
L'incitation relève de la parole en action ( on appelle ça "parole performative", avec un très vilain anglicisme ). Lorsque vous dites "je t'incite à faire ceci ou cela", vos paroles sont action, elles ne sont pas expression : vous êtes en train d'inciter pendant que vous parlez, vous ne discourez pas sur le fait d'inciter.
|
Si on veut, mais dans ce cas n'importe quelle parole est action dans le sens où elle découle d'une
intention qui vise à une fin
précise(celle de convaincre ou d'informer). Mais là où l'action physique peut se dispenser du consentement d'autrui, l'incitation la necessite.
Par exemple, si quelqu'un me dit de me jeter par la fenêtre et que je le fait, oseriez-vous dire que c'est de sa faute ?
Je pense que condamnez la parole, c'est déresponsabiliser l'individu. Comme si on n'avait pas d'autre choix que d'adherer à l'opinion de celui qui "incite".
De tous les nazis qui ont suivi Hitler dans l'extermination des juifs, diriez-vous que ce n'etait pas de leur faute parce qu'ils ont subi "l'action" (=l'incitation) du dictateur ? Non, ils sont bien sur
entierement responsables de leurs actes et c'est en cela que je pense que la parole et même l'incitation n'ont pas de portée morale.
Quote:
|
Quant à haïr les "races" ( rappelons que ce concept ne tient ni biologiquement, ni culturellement, concernant l'espèce humaine ), je suis sûre que vous envisageriez les choses tout à fait autrement si vous envisagiez l'éventualité d'en être victime.
|
J'ai deux choses à répondre.
D'abord je n'adhère à aucune idéologie raciste puisqu'effectivement je juge que pour ces raisons ("biologiques" et "culturelles") celles-ci ne tiennent pas debout (mais, par un principe de tolérance, j'accepte qu'on puisse en penser differement).
Ensuite, quant au jugement des victimes de la haine raciale(dans notre exemple), je dirais qu'il est souvent faussé. Soit un exemple personnel qui concerne un autre sujet mais qui rejoint le problème du jugement faussé.
J'ai une fois connu une personne dont la mère était morte d'un cancer du poumon à force d'avoir trop fumé. Cette personne avait developpé une haine absolue de la cigarette et par extension une véritable phobie du feu. A telle point qu'elle aurait peut-être mal jugé une personne seulement parce qu'elle fumait. Aurait-elle eu raison ? Non. Aurions-nous pu lui en vouloir de mal juger ? Non plus. Car après un traumatisme, le jugement concernant les causes de celui-ci peut-être alteré d'une façon qui n'a rien à voir avec la raison.
Tout ca pour dire que l'argument "je suis sûre que vous envisageriez les choses tout à fait autrement si vous envisagiez l'éventualité d'en être victime" n'est pas légitime.