Le petit déjeuner.
Nouvelle de: Brahim Darghouthi/ Tunisie
Quand le muezzin commençait à faire son appel à la prière, et qu’il valorisait la prière au détriment du sommeil ; elle jetait le voile de la nuit et se mettait sur pieds. Elle faisait ses ablutions, priait, puis se dirigeait directement vers la cuisine. Elle
préparait le café, et mettait en même temps de l’eau à chauffer pour que son mari puisse se laver après le service de nuit au fond de la mine de phosphate.
A six heures pile, tout était
prêt. Elle installait alors la table, choisissait les plus belles tasses à
café ; et tenait à ce que la cafetière soit parfaitement propre, d’un éclat qui éblouissait les regards. Après cela, elle allait dans la salle de bain, étendait le drap de bain, disposait le shampoing et le savon, et contemplait la vapeur qui se dégageait de l’eau chaude. Elle esquissait un sourire de satisfaction.
Une fois que tout était
prêt, elle prenait place
près de la table, en attendant la sirène de la mine qui faisait appel aux ouvriers du matin. A ce moment là, elle ouvrait la porte de sa maison pour le revenant du ventre de la terre.
Mais ce revenant, a justement perdu sa route…