Thread: Le communisme
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Old 02-21-2008, 02:16 PM   #71 (permalink)
Lina
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Toute thèse d'historien est examinée par la communauté que forment ses pairs. Si, après examen, elle paraît sérieuse et fondée, elle est reconnue comme telle, quelles que soient, par ailleurs, les opinions politiques et les appartenances de son auteur.

Vous savez, les sciences humaines fonctionnent exactement comme les sciences "dures" : nous faisons des recherches, élaborons des hypothèses, essayons de voir si elles se vérifient et, s'il nous paraît que c'est le cas, présentons nos travaux devant nos pairs, pour qu'ils les examinent et donnent leur avis. Parfois il sont d'accord, parfois non ; souvent il y a débat. La vision marxiste d'interprétation de l'histoire en termes de lutte des classes a ainsi longtemps dominé, malgré ce que vous avez l'air de penser ; aujourd'hui, on en revient, tout comme on revient d'une certaine histoire anti-communiste ( qui était, soit dit en passant, assez marginale : si les communistes ont eu toutes les peines du monde à avoir des intellectuels aux ordres du parti, ils ont en revanche eu une grande influence sur eux, même quand ils n'adhéraient pas à leurs idées ). C'est de cette façon qu'avance la science.

A ce propos, je vous ferai remarquer que la fameuse théorie des extrêmes qui se rejoignent ne vise pas à diaboliser les communistes, pas plus qu'elle ne les assimile aux nazis ( nota orthographique : jamais de "y" à "nazi" ). Elle ne les compare pas en termes d'idées, mais en termes de fonctionnement empirique. Le fait est que, lorsqu'on examine celui des fascistes et des communistes, dans les années Trente, on découvre de nombreuses similitudes :
- organisation hiérarchique bien définie, avec une discipline de fer ( en France, cela date de la fin du XIXème siècle, avec le Parti Ouvrier Français de Jules Guesde )
- très forte méfiance face aux religions en général, mais véritable foi, confinant parfois au fanatisme, en ce qui concerne les promesses de l'idéologie concernée
- rejet du système politique existant hors du parti, considéré comme plus ou moins corrompu ( pour les ouvriéristes, devenir chef d'un groupe, c'est déjà être un peu corrompu... ce qui leur posait des problèmes, car ils n'étaient pas anarchistes ; vous me répondrez qu'ils n'étaient pas communistes non plus ( enfin, si vous avez déjà entendu parler d'eux ), mais il n'empêche qu'ils étaient à l'extrême gauche ), parfois jusqu'à prôner la révolution ( à l'extrême droite aussi, certains groupes en étaient les fervents partisans )
- besoin d'avoir un ennemi bien défini évitant de se remettre en question
- propension à la théorie du complot ( jusqu'à nos jours : il n'y a qu'à voir Le Pen ; et, oui, je suis d'accord, à gauche, ce sont surtout les trotskistes qui ont versé là-dedans ).

Jusqu'ici, vous m'accorderez que nous n'avons abordé que des points de fonctionnement et en aucun cas l'idéologie des uns et des autres. De fait, en ce qui concerne cette dernière, tout chercheur digne de ce nom reconnaîtra qu'elles n'ont rien à voir entre elles.

Par ailleurs, vous ne devriez pas vous sentir concerné par cette théorie, mais plutôt l'aborder de manière parfaitement sereine, car quiconque avec un minimum de lucidité et d'honnêteté intellectuelle sera d'accord sur le fait qu'il y a bien longtemps que le PCF n'appartient plus à l'extrême gauche. A mon avis, on peut au moins donner comme date basse 1981.
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