bonjour tout le monde , je cherche quelq'un qui pourrai traduire un texte du français à l'allemand d'ici jeudi!!! en échange je peut aider à traduire du français à l'anglais ou à l'italien!!!
voici le texte de perec :
Dans les escaliers passent les ombres furtives de tous ceux qui furent là un jour.
Il était le plus ancien habitant de l'immeuble. Plus ancien que Gratiolet, dont la famille avait jadis possédé toute la maison, mais qui n'était venu y vivre que pendant la guerre, quelques années avant d'hériter de ce qui en restait, quatre ou cinq appartements dont il s'était défait l'un après l'autre, ne gardant plus pour finir que son petit logement de deux pièces au septième ; plus ancien que Madame Marquiseaux, dont les parents avaient déjà l'appartement et qui y était pratiquement née alors que lui habitait là depuis déjà presque trente ans ; plus ancien que la vieille Mademoiselle Crespi, que la vieille Madame Moreau, que les Beaumont, les Marcia et les Altamont.
Valène lui à cette époque vivait là depuis déjà dix ans. Il avait loué sa chambre un jour d'octobre mille neuf cent dix-neuf, arrivant d'Etampes, sa ville natale, qu'il n'avait pratiquement jamauis quittée, pour venir s'inscrire aux Beaux-Arts. Il avait tout juste dix-neuf ans. Ce ne devait être qu'un logement provisoire qu'un ami de sa famille lui fournissait pour le dépanner. Plus tard, il se marierait, deviendrait célèbre, ou retournerait à Etampes. Il ne se maria pas, ne retourna pas à Etampes. La célèbrité ne vint pas, tout au plus une quinzaine d'années plus tard, une discrète notoriété ; quelques clients fidèles, quelques illustrations pour des recueils de contes, quelques leçons, lui permirent de vivre relativementà son aise, de peindre sans se presser, de faire quelques voyages . Plus tard même quand l'occasion se
présenta pour lui de trouver un logement plus grand ou meme un véritable atelier, il se rendit compte qu"il était trop attaché à sa chambre, à sa maison, à sa rue, pour les quitter.
Il y avait bien sur des gens dont il ne savait presque rien, qu'il n'était meme pas sur d'avoir vraiment identifiés, des gens qu'il croisait de temps à autre dans les escaliers et dont il ne savait pas tres bien s'ils habitaient l'immeuble ou s'ils y avaient seulement des amis ; il y avait des gens dont il n'arrivait plus du tout à se souvenir, d'autres dont il lui restait une image unique et dérisoire.