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Super Moderator
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Bună dimineaţa, Alice !
Înainte de a mă lansa într-un răspuns pe puncte la comentariul tău, aş vrea să redau un fragment dintr-un articol, care abordează Mioriţa dintr-un alt unghi şi într-o manieră diferită de cea a lui Radu Pavel Gheo, autorul articolului "Un clişeu cu parfum de baladă", de la care a pornit discuţia noastră.
Articolul de mai jos a fost scris în franceză şi de aceea am preferat să-l las aşa, dar dacă cineva mi-o va cere, îl voi traduce în română.
« Ainsi que l'ont compris la plupart des exégètes roumains, le message essentiel de ce poème consiste "non dans la volonté du renoncement, ni dans l'ivresse du néant, ni l'adoration de la mort" (Constantin Brãiloiu), mais dans la transfiguration de la mort en sacrement.
Le poète et philosophe roumain Lucian Blaga parle même d'un "espace mioritique" dans la culture roumaine: "La mort, par le fait d'être assimilée à une noce, cesse d'être un acte biologique, un épilogue; elle est transfigurée, acquérant l'aspect élevé d'un acte sacramentel, d’un prologue. Elle est noce et la nature toute entière devient église". Et "dans la mort en tant qu'acte sacramentel et la nature en tant qu'église on voit deux visions graves et essentielles, vraiment sophianiques, de transfiguration orthodoxe de la réalité" [4].
Dans le même horizon divin ensoleillé, Mircea Eliade rend la perspective plus ample et considère que "le message le plus profond de la ballade est constitué par la volonté du pâtre de changer le sens de son destin, de transmuer son malheur dans un moment de la Liturgie cosmique, en transfigurant la mort en "noces mystiques" [5].
Même davantage, Mircea Eliade voit dans "Miorita" "une réponse du pasteur à la terreur de l'histoire". "En apprenant ce qu'a décidé le sort, le pasteur ne se lamente pas et ne s'abandonne pas au désespoir, ni n'essaie d'abolir le sens du monde et de l'existence, en le "démystifiant" avec une rage iconoclaste et en proclamant nihilisme absolu comme la seule réponse possible à la révélation de l'absurde. En d'autres termes, le pâtre ne se comporte pas comme tant de représentants illustres du nihilisme moderne. Sa réponse est tout autre: il transmue la malchance qui le condamne à mort en un mystère sacramental majestueux et féerique qui, en fin de compte, lui permet de triompher de son propre sort" [6], et décèle dans la vision mioritique "la conception d'un cosmos racheté" [7]. Il ne faut pas oublier, en consensus encore plus précis avec cette vision que pour le Père Stãniloae, dans "Miorita" se révèle le Christ et l'âme humaine, le pasteur représentant le Christ et la reine, le monde comme "épouse".
Au fond, "Miorita" met en lumière la conception d'un peuple qui interprète de manière profonde et créatrice la relation entre la Révélation et l'histoire. Ce n'est qu'à la lumière de la Révélation qu'on peut comprendre la transfiguration de l'histoire.
Le mal est soumis au changement et il n'a pas le dernier mot. Dans l'Ancien Testament, Joseph dit à ses frères, qui avaient manigancé sa mort: "Vous avez voulu me faire du mal, Dieu a voulu en faire du bien: conserver la vie à un peuple nombreux comme cela se réalise aujourd'hui" (Genèse 50: 20). Et, on comprend que cette transformation s'est accomplie de manière parfaite en Christ, Celui Qui change le caractère de malédiction de la mort.
Si Adam avait transformé le sacrifice en mort, le Christ transforme la mort en sacrifice qui conduit à une vie plus élevée, à la Résurrection.
C'est un tel sens profond que nous révèle "Miorita". »
Pr Prof Constantin Galeriu
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