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Old 03-11-2005, 01:14 PM   #3 (permalink)
Wassan78
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Bonne gouvernance et responsabilité sociétale des sociétés et banques islamiques


Introduction
Où se situent les entreprises de production de biens et de services dans le monde arabe et musulman par rapport tant à la bonne gouvernance, qui est la capacité de bien gérer dans la transparence, d’attirer les capitaux et de produire des bénéfices à long terme qu’à la responsabilité sociale comprise comme étant la production stable de plus value humaine et écologique? Où se situent les banques islamiques qui obéissent aux prescriptions de la loi islamique impérative (shari’a) ? Est-ce que le qualificatif islamique des banques est justifié seulement parce qu’elles observent l’exigence musulmane de l’équité qui prohibe l’excédant illégitime (riba), l’incertitude (jahala) et les contrats à fort aléa (gharar fahich)? Pourquoi toutes les entreprises des pays musulmans qui évitent les interdits de l’Islam ne sont pas, elles aussi, qualifiées d’islamiques? Est-ce que les banques classiques qui ont ouvert des guichets spécialisés dans les opérations islamiques sont islamiques – ou en partie islamiques? Est-ce que l’entreprise et la ferme danoises qui produisent «écologiquement correct» sans le secours des banques à intérêt et des compagnies d’assurances, et parce qu’elles ne font rien de contraire qui puisse être interdit par la shari`a sont islamiques? Quelle est la différence entre une banque islamique et la Socially Responsible Investing née aux Etats-Unis dans le sillage de l’église méthodiste américaine et au Pionneer Fund des Quakers qui, sans rechercher spécialement le profit, excluent de leurs investissements les secteurs du péché ou sin stocks (alcool, tabac, armes, etc.) et les entreprises recourant à l’esclavage et l’apartheid? La démarche d’exclusion qui caractérise les fonds «éthiques» représente encore une part importante du marché financier dans des pays à majorité protestante (Etats-Unis, Royaume-Uni et Pays-Bas, etc.) et même catholique (Italie). Suffit-il d’avoir une approche d’exclusion de l’interdit tout en recherchant le profit pour s’en démarquer? Sans doute que l’intention consciente d’agir volontairement dans le cadre des principes islamiques (niya wal ikhlas) est nécessaire pour avoir le qualificatif islamique, mais est-il suffisant d’avoir l’intention d’éviter l’interdit (haram) pour mériter le qualificatif d’islamique? Est-ce que les principes islamiques n’ont que cet aspect négatif et réactif d’interdiction? Sinon, quels sont les aspects pro-actifs de la stratégie des entreprises économiques islamiques qui pourront inspirer le monde non-islamique par de meilleures pratiques? Comment respecter et communiquer le message islamique en relation au management des entreprises? On peut comprendre que le concept de banque islamique était nouveau au milieu des années 1970, et que sa viabilité devait être démontrée prioritairement au plan de l’efficacité financière. La nécessité de réussir financièrement laissait, donc, au second plan, tout le potentiel induit par la qualification islamique. Puisque le droit musulman (fiqh) repose sur le postulat que la recherche des profits légitimes ne conduit pas nécessairement à endommager la nature ou créer des torts à l’homme, n’est-il pas temps en ce début du XXIème siècle d’examiner le potentiel de développement et de progrès du concept d’entreprise islamique au double plan humain et matériel? La globalisation des marchés risque de maintenir les entreprises – et surtout les banques – islamiques à toujours adopter des mesures défensives et non pro-actives, comme l’exclusion du blanchiment de l’argent sale.
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