Il faut distinguer 2 types de casseur dans ceux qui s'en prennent aux biens des particuliers:
-Le casseur politique: en s'en prenant aux bien de prolos modernes ordinaires, il contribue à sa petite échelle au travail de casse social organisé par les gens qu'il
prétend combattre, c'est sans aucun doute un blaireau. Heureusement, c'est marginal et ne représente rien de l'activité militante réelle.
- Le casseur urbain standard: Un autre blaireau, mais sans motivation politique. Ses revendications sociales sont nulles et il ne porte pas de projet. C'est souvent un représentant de la classe économique que l'on pourrait qualifier de sous-prolétariat, c'est à dire un élément qui n'a objectivement rien à espérer, et qui veut le faire savoir.
C'est ce dernier joyeux lurron qui interpelle le plus aujourd'hui l'opinion publique. Je ne pense pas que les gouvernements aient échoué à endiguer la montée de ce genre de personnage, car je pense qu'aucun n'a eu l'intention d'essayer. La montée de la
précarité dans les cités, la chute des classes moyennes, tout va dans le sens d'une hausse de la violence urbaine qui commence par la violence politique des classes dominantes. Tous les gouvernements (ps -ump) ont collectionné les logiques restrictives, la video-surveillance, ont amoncellé les policiers et les mesures sécuritaires, et toute cette poudre de perlimpimpin n'endiguera jamais la rancoeur montante de tous ceux qui descendent et de ceux qui savent qu'ils ne monteront pas. D'autant plus que chez les "damnés de la terre" version ville, la capacité d'auto-organisation n'est pas à même de leur assurer un minimum de sécurité sociale et urbaine. C'est aussi le résultat d'un matraquage sur la fin de la lutte des classes qui n'a pas résolu les antagonismes de classes mais qui a dissous les liens de solidarité qui unissaient les plus mal lotis.
Et la suite ? Soyons francs: l'essentiel des français aime voir des casseurs à la télé, c'est pour ma part l'une des choses que je retiens de ces 53 %. Ils auraient pu s'abstenir ou voter pour l'illusion du changement, ils ont voulu confirmer les années de pouvoir de Sarkozy et de ses amis... Les français ont aimé les émeutes de 2005, ils aiment les casseurs parce que ceux-ci leur donnent du spectacle, ils aiment Sarkozy parce qu'il y participe. La sécurité, ce n'est plus: "comment faire pour que demain il n'y ait plus ni victime ni coupable ?", c'est: "comment faire pour que le show soit impressionnant, que les victimes soient très victimes, les coupables très coupables, et dans la continuité à venir les sanctions très spectaculaires? " Reviendra-t-on aux gladiateurs pour que le spectacle aille d'un bout à l'autre, du crime à la sanction ? Sarkozy, et tous les autres (ps compris) sont partie prenante de ce processus de dégradation, mais puisque les gens sont contents... En espérant qu'ils comprennent vite que les violences sont liées, et que les coups qui pleuvent ne sont pas qu'une distraction de série b à la télé.
ce n'est que mon avis
