Thread: Obscurantisme
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Old 12-23-2006, 11:46 PM   #18 (permalink)
Azhi Dahaka
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"Sarko prêche le rejet de son prochain... Ce qu'il ne faut pas entendre. On tombe dans une critique basse ici, Sarko ne rejette pas son prochain jusqu'à preuve du contraire. Il n'empêche pas l'accés à la culture jusqu'à preuve du contraire. Citez moi les passages de ses discours ou de ses actes politiques qui vous font penser ça car pour le moment vous êtes un peu léger sur les preuves de ce que vous avancez."

"Sarkozy n'empêche l'accès à la culture" : certes, mais ce n'est pas une preuve qu'il ne tendrait pas à le faire s'il le pouvait. Or il ne le peut pas, pour l'instant. Dans ce domaine on est donc forcé de s'en tenir aux signes et aux tendances. En sus, il s'opposerait sans doute en bonne foi à l'idée qu'il rejette la culture. Il n'en reste pas moins qu'il le ferait au nom de mesures d'ordre "pratique" (telle la critique des concours), justement.
Ensuite, "Sarko ne rejette pas son prochain" : si. Il suffit par exemple de voir le reproche fait aux magistrats de ne pas assez incarcérer. Ce qui sous-tend ce propos m'a tout l'air d'être l'idée que l'exclusion des personnes est une solution. Or ce n'est qu'un pis-aller. On n'est pas là pour rejeter définitivement les criminels mais pour les réinsérer. La prison, l'incarcération n'est pas une solution mais seulement un moyen pour cette réinsertion : sinon, il n'y aurait que des peines de prison à perpétuité, ou la peine de mort. Or les prisons actuelles ne sont pas des foyers de réinsertion : leur surpopulation les rend au contraire invivables et créatrices de crimes. Il est donc inefficace de remettre du monde en prison (cf. le sujet sur les banlieues), et il est mensonger de prétendre que c'est une solution. Pourtant, c'est ce que suggère l'attitude de Sarkozy. De ce point de vue, je considère donc que Sarko rejette son prochain.
J'ajouterai que la métaphore du karcher est une métaphore de l'effacement violent, pas de la réforme des moeurs, et je pense qu'elle révèle assez son état d'esprit.

"Critiquer les concours n'est pas être anti culturel c'est prendre la realité des choses et d'adapter un systéme qui est devenue tellement bête. Si on ne saisi pas une oeuvre, à quoi ça sert de la lire, on ne la comprendra de toute façon pas et Dieu sait si c'est frustrant. Il n'est pas question de facilité mais de logique que vous le vouliez ou non certaines personnes ne sont pas prédisposés à étudier certaines oeuvres il faut de tout pour faire un pays et même un monde on a besoin de tout le monde. Et voyez vous ce n'est pas être méprisant c'est prendre les gens pour ce qu'ils sont, c'est les comprendre et c'est les intégrés sans discrimination. Ce paramétre trés important ne semble pas rentrer dans votre analyse, c'est dommage."

Bien sûr qu'il y entre. Je conçois tout à fait le caractère absurde de la chose. Je n'ai d'ailleurs pas dit qu'il s'agissait de faire des philosophes de tout le monde. Simplement, même si les concours ont sans doute besoin d'être en partie réformés, ne vous semble-t-il pas qu'il y a dans le monde assez d'incitations à l'inculture pour ne pas ôter dans le système éducatif les incitations à la culture ? Il faut aussi sans aucun doute travailler sur la capacité des enseignants à faire passer tel ou tel contenu : souvent ils n'ont eux-mêmes pas assez de recul pour faire voir que les connaissances qu'ils enseignent ne sont pas que des savoirs stériles mais aussi des clefs de compréhension du quotidien. S'il y a donc des réformes à faire, elles consistent bien plutôt à rendre la culture utile, et sûrement pas à la supprimer sous prétexte d'inutilité. Au final, il me semble que la volonté de maintenir à tout prix une exigence de culture au service du recul et de la compréhension du monde est un devoir politique et moral. Respecter les gens, c'est pour moi garder espoir en leur intelligence et non les "considérer comme ce qu'ils sont". Car les "considérer comme ce qu'ils sont" entraîne au final cet effet infiniment pervers qu'ils deviennent comme on les considère, c'est-à-dire limités. C'est cela contre quoi il faut lutter.

"Vous arrivez à comprendre l'antisémitisme, je vous félicite, pas moi. Toutes formes de racisme est imcompréhensible celà n'empêche pas de discuter avec eux et d'arriver à les convaincres."

Je pense que si. Si vous leur parlez d'un point de vue totalement extérieur, sans décrire les choses telles qu'ils les ont vécues, comment voulez-vous être écouté comme quelqu'un qui saurait de quoi il parle ?

"Vous expliquez les causes du racisme vous n'expliquez pas ici le racisme en lui même. Tous le monde connait les causes du racisme, quand à savoir pourquoi une personne dans une cité devient raciste alors que son voisin de palier lui ne l'est pas personne ne peut le savoir pourquoi. Je pense que ça reléve de la santé mentale."

D'abord, on peut faire à ce sujet des hypothèses concluantes : la psychologie est une science.
Ensuite, je vous répondrai qu'il n'y a aucun intérêt à comprendre l'expérience individuelle du racisme. Le politique se situe au niveau national, non personnel. Il agit sur les grandes tendances. Dans ces conditions, les conclusions des sciences sociales sont les seules qui lui importent.

"Rechercher à supprimer le racisme c'est trés bien, mais je vous maintiendrez que le racisme vous ne le connaissez pas."

Il m'est possible de prévoir ce que fera le raciste : je le connais donc. S'il m'était possible de décrire l'expérience du raciste et qu'il se reconnaisse dans cette description, je le comprendrais. Mais on ne peut faire d'expérience à ce sujet : personne n'ose le faire publiquement puisque justement on s'obstine à faire du raciste un monstre. De ce point de vue, et pour changer cet état de fait, un cours d'éducation civique tel que je le vois consiste à intéresser les enfants à la morale : à leur faire raconter leurs expériences personnelles et les conclusions qu'ils en tirent, éventuellement influencés par leurs parents. Et, une fois ces conclusions énoncées, si elles sont réprouvables (de ce point de vue, ne nous leurrons pas : les opinions défendues par notre régime sont des opinions autoritaires et arbitraires, qui définissent clairement quelle est l'opinion ennemie et celle qui ne l'est pas, sa force étant justement de rejeter des opinions et non des hommes), non pas à opposer à l'enfant la conviction inverse mais à le faire creuser son raisonnement (qu'il peut creuser puisque, étant un enfant, ce raisonnement ne sera sans doute pas très fouillé) jusqu'au moment on pourra le faire douter de ses conclusions. La démocratie, avant tout je crois, c'est douter de ce que l'on dit, et, pour cela, respecter l'opinion des autres et l'entendre avec ouverture, la considérer comme une critique de sa propre position et ne pas la rejeter mais y répondre, jusqu'au bout, jusqu'à l'échec, peut-être, de sa propre position. Sur ce forum, dans ce sujet, nous ne faisons pas autre chose que de faire rentrer nos opinions dans une arène où elles pourraient bien perdre leur combat, et leur vie.

"Sarko n'est pas parfait mais c'est le meilleurs des candidats pour moi."

Sans doute, mais comme vous n'argumentez pas, je vois mal la pertinence de cette phrase pour notre discussion.

Last edited by Azhi Dahaka; 12-24-2006 at 12:01 AM.
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