Les bourbiers d'Afghanistan et d'Irak vraies sources de l'insécurité mondiale
L’Irak comparable au Vietnam
George W. Bush a reconnu mercredi une analogie possible entre la guerre en Irak et la guerre au Vietnam en déclarant que l'on pouvait peut-être comparer les attaques actuelles avec l'offensive historique du Têt. Déclaration laconique mais potentiellement désastreuse faite sur la chaîne de télévision ABC.
L'offensive du Têt, menée par le Vietcong et l'armée nord-vietnamienne contre les troupes sud-vietnamiennes et américaines à partir de janvier 1968, s'était soldée par ce qui peut être considéré comme une lourde défaite militaire pour les forces communistes. Mais elle passe aussi pour une victoire psychologique considérable pour elles et un tournant dans la guerre. Comme l'actuelle flambée de violence en Irak, elle avait eu lieu sur fond de débat électoral.
"Il pourrait avoir raison", a déclaré M. Bush à la chaîne de télévision ABC qui lui demandait si l’éditorialiste Thomas Friedman pouvait, comme il l’a fait dans le New York Times de mercredi, comparer les attaques contre les forces américaines et irakiennes à l’offensive du Têt.
"Le niveau de violence s'est certainement élevé, et nous allons vers des élections", a déclaré M. Bush, faisant référence au renouvellement du Congrès le 7 novembre. Or, il a réfuté que chaque jour éloigne davantage l'administration de son objectif d'un Irak capable de s'auto-gouverner et de s'auto-défendre. Et il a de nouveau refusé un retrait
prématuré des troupes américaines.
L’Irak comparable au Vietnam
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« Newsweek » ne sait plus comment expliquer la déroute en Afghanistan[u]
« Nous sommes en train de perdre l’Afghanistan. Cinq ans après, la victoire tourne-t-elle à la défaite ? » titre l’édition internationale de Newsweek, datée du 2 octobre 2006.
Le lecteur a de quoi être désarçonné : voilà cinq ans que Newsweek martèle que les États-Unis et le Royaume-Uni sont intervenus en Afghanistan en réplique aux attentats du 11 septembre parce que ce pays aurait hébergé et protégé les commanditaires. Il n’a jamais été question de « gagner » en Afghanistan, mais au contraire de soutenir la lutte de « l’Alliance du Nord » pour libérer le pays de la dictature obscurantiste des Talibans. On avait réalisé de beaux reportages où l’on voyait des hommes heureux faire la queue chez le barbier pour se faire raser et jouir enfin de la liberté, tandis que de jeunes filles dévoilées découvraient les derniers tubes à la mode à la radio. L’OTAN avait envoyé 40 000 hommes sur place pour stabiliser le pays et les GI’s se faisaient photographier distribuant des chewing-gum aux enfants. Enfin, on avait organisé devant la presse internationale des élections, signe que la démocratie était établie.
Soudain, les Talibans seraient de retour et sur le point de vaincre l’OTAN.
D’où un certain nombre de questions auquel le lecteur ne trouvera aucune réponse dans Newsweek : Serait-il exact que l’invasion de l’Afghanistan avait été planifiée avant le 11 septembre et visait à contrôler la route menant de la mer Caspienne à l’Océan indien ? Se pourrait-il que les Talibans n’aient pas été renversés par le peuple afghan, mais que les tadjiks aient ravis le pouvoir aux pachtounes ? Se pourrait-il que le
président Hamid Karzaï ait été imposé par les États-Unis à la suite d’un tour de passe-passe ? Est-il exact que les néo-conservateurs souhaitent disloquer l’Afghanistan et le Pakistan pour créer un nouvel État, le Baloutchistan ? Et enfin, se pourrait-il que les insurgés ne soient pas des Talibans, mais des patriotes opposés à ce démembrement ?
Non seulement les lecteurs de l’édition internationale de Newsweek ne trouveront aucune réponse à ses questions dans l’hebdomadaire, mais les lecteurs de l’édition US du magazine n’auront pas se les poser : le dossier et la couverture ont été retirés de l’édition états-unienne. Après cinq ans de mensonges, la vérité est trop difficile à expliquer.
« Newsweek » ne sait plus comment expliquer la déroute en Afghanistan [Voltaire]